Algérie: le chef de la police tué par un adjoint limogé

Publié le par Bulesi



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Ali Tounsi en octobre 2002.

Le colonel Ali Tounsi, le patron de la police nationale depuis quinze ans, a été tué par balles, dans la matinée du jeudi 25 février, dans son bureau à la Direction générale de la sûreté nationale, à Alger, par un adjoint qu'il venait de suspendre pour des malversations présumées dans la conclusion de contrats publics.

Selon la version officielle, c'est au cours d'une séance de travail, qu'un cadre de la police"apparemment pris d'une crise de démence, a utilisé son arme et blessé mortellement le colonel Ali Tounsi, après quoi il a retourné l'arme contre lui, se blessant gravement". Selon une autre version, l'auteur de l'assassinat a été grièvement blessé par la riposte d'autres policiers présents à la réunion.

L'homme pris d'un "coup de démence"Chouieb Oultach, 64 ans, est un ancien colonel des forces aériennes à la retraite. Il était, dit-on, un ami proche du colonel Tounsi, qui lui avait fait reprendre du service dans la police en tant que chef de la division héliporté, à Dar-El-Beida, à l'est d'Alger, en charge notamment de la surveillance du trafic routier.

Explication orageuse

Le colonel Ali Tounsi avait décidé, selon un article publié le jour même de l'assassinat par le quotidien arabophone Ennahar, spécialisé dans les affaires sécuritaires, de suspendre M. Oultach de ses fonctions et de geler les contrats d'achats d'équipements qu'il avait signés au nom de la direction de la sûreté nationale.

Selon le journal, le fils du colonel Oultach, aurait joué les intermédiaires entre l'unité héliportée et des entreprises étrangères. C'est au cours d'une explication orageuse que Chouieb Oultach a tiré sur son supérieur, le blessant mortellement à la tête.

L'assassinat du chef de la police intervient dans un contexte marqué par des révélations sur de multiples affaires de corruption liées à la passation de marchés publics.

Ainsi, le patron du groupe pétrolier Sonatrach, Mohammed Meziane, et la plupart de ses dirigeants ont été inculpés, le 13 janvier, dans le cadre d'une affaire de malversation. Quelques semaines auparavant, plusieurs responsables du ministère des travaux publics avaient été arrêtés dans une affaire de corruption sur le chantier de l'autoroute est-ouest réalisé, en partie, par des entreprises chinoises.

Désigné à la tête de la police nationale en 1995 le colonel Ali Tounsi, 74 ans, était un "malgache". Le terme désigne les anciens membres du ministère de l'armement et des liaisons générales (MALG) durant la guerre d'indépendance, l'ancêtre des services de renseignements.

Ali Tounsi avait rejoint le maquis en 1956 dans l'ouest du pays. Arrêté, il avait été condamné à deux années de prison. Après l'indépendance, il avait fait carrière au sein des services de renseignements, la sécurité militaire (SM), qu'il quitta avec le grade de colonel au milieu des années 1980.

Le colonel Ali Tounsi a ensuite pris en main la police dans un contexte sécuritaire difficile, marqué par les violences entre les islamistes armés et le pouvoir.

Il devait être enterré vendredi au cimetière d'Al-Alia, où reposent les héros de la guerre de libération. La vie de son assassin ne serait plus en danger, selon le journal El-Khabar. La mort du chef de la police algérienne a été annoncée sobrement à la télévision. 
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Publié dans POLITIQUE

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