Plusieurs personnes sont mortes, vendredi 19 février, à Gagnoa, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire,
Un policier ivoirien face à des manifestants de l'opposition, mercredi 17 février à Toumodi, dans le centre du pays.

Plusieurs personnes sont mortes, vendredi 19 février, à Gagnoa, dans le centre-ouest de laCôte d'Ivoire, au cours d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants opposés au président Laurent Gbagbo. Selon des sources hospitalières, interrogées par téléphone depuis Abidjan, des manifestants ont déposé dans la matinée trois corps au centre hospitalier de la ville.
Les victimes ont succombé à des blessures par balles, a affirmé l'une de ces sources, faisant également état d'un blessé grave. Une source policière a confirmé "des morts", mais sans préciser leur nombre ni à quel camp appartenaient les victimes. "La police et la gendarmerie ont chargé les manifestants en tirant à balles réelles", a déclaré Gildas Konan, coordinateur local du mouvement de jeunesse du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, l'un des principaux partis d'opposition.
La marche avait démarré tôt, vendredi matin, pour réclamer le "rétablissement" de la commission électorale indépendante (CEI)dissoute le 12 février en même temps que le gouvernement par le chef de l'Etat, a-t-il indiqué. Depuis le début de la semaine, des manifestations d'opposition, parfois émaillées de violences mais jusque-là sans morts, ont eu lieu à travers le pays contre la double dissolution. Le premier ministre reconduit, le chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), Guillaume Soro, a désormais jusqu'à samedi pour formerun nouveau gouvernement.
Après de vains efforts, il tente encore de convaincre l'opposition d'entrer dans la nouvelle équipe. Mais cette dernière soupçonne le chef de l'Etat de vouloir reprendre en main la cruciale commission – qu'elle dominait jusque-là – et conditionne son retour au gouvernement à son"rétablissement".
Outre le rétablissement de la CEI, les manifestants réclamaient également une nouvelle date pour la tenue d'un scrutin présidentiel. Reportée depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, l'élection est censée clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un Sud loyaliste et un Nord contrôlé par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). Gagnoa se trouve dans la moitié sud.