Paris et l'UE dénoncent l'appel au djihad de Kadhafi contre la Suisse

Kadhafi brandit la charte de l'ONU, le 23 septembre, dans l'enceinte new-yorkaise de l'institution.
L'appel du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, au djihad ("guerre sainte") contre la Suisse a suscité une vive réaction du ministère des affaires étrangères français, vendredi 26 février. "De tels propos sont inacceptables. C'est par la négociation que le différend entre la Libye et la Suisse doit être réglé", a déclaré le porte-parole du quai d'Orsay, Bernard Valero, lors d'un point presse, en réponse à une question portant sur ce sujet.
"Nous soutenons les efforts entrepris par la présidence de l'Union européenne à cette fin", a rappelé M. Valero. L'appel à la guerre sainte contre la Suisse a été lancé, jeudi 25 février, à la suite de l'interdiction de la construction de minarets, votée par référendum à la fin de novembre à près de 60 % dans la Confédération.
Le porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a, quant à lui, estimé que, s'ils sont bien exacts, "ce sont des commentaires peu habituels à faire", qui"arrivent à un moment inopportun au moment où l'Union européenne travaille intensément avec la Suisse pour parvenir à une solution diplomatique" à la crise entre la Suisse et la Libye.
CONFLIT LIBYO-SUISSE
Les relations entre la Suisse et Tripoli se sont détériorées après l'interpellation musclée, en juillet 2008 à Genève, de l'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, sur plainte de deux domestiques l'accusant de mauvais traitements. Peu après, les autorités libyennes avaient arrêté deux Suisses, qui ont été jugés pour "séjour illégal" et "exercice d'activités économiques illégales". L'un d'eux a été libéré lundi, mais l'autre purge une peine de quatre mois de prison en Libye.
Membre de l'espace Schengen, la Suisse a par ailleurs mis en place une politique restrictive en matière d'octroi de visas Schengen à des citoyens libyens. Cette mesure avait provoqué la colère de la Libye, qui a décidé, le 14 février, de faire de même avec les Européens, provoquant l'intervention de l'UE et des capitales européennes, la libre circulation de leurs ressortissants étant entravée par le conflit.